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Table des matières
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Réduire Chapitre 1. Les fondations romainesChapitre 1. Les fondations romaines
Réduire Section 1. Une cité et un empireSection 1. Une cité et un empire
Développer I. De la fondation à la chute de RomeI. De la fondation à la chute de Rome
Développer II. Notions de droit public romainII. Notions de droit public romain
Réduire Section 2. Les sources du droit Section 2. Les sources du droit
Développer I. La pluralité des sourcesI. La pluralité des sources
Développer II. L'unification des sourcesII. L'unification des sources
Réduire Section 3. L'héritage techniqueSection 3. L'héritage technique
Développer I. Les personnesI. Les personnes
Développer II. Les chosesII. Les choses
Développer III. Les actionsIII. Les actions
Réduire Chapitre 2. L'expérience médiévaleChapitre 2. L'expérience médiévale
Réduire Section 1. La Chrétienté et ses divisionsSection 1. La Chrétienté et ses divisions
Développer I. L'Église, les royaumes, l'EmpireI. L'Église, les royaumes, l'Empire
Développer II. La féodalitéII. La féodalité
Développer III. L'essor du pouvoir royal III. L'essor du pouvoir royal
Réduire Section 2. Coutumes et droits savantsSection 2. Coutumes et droits savants
Développer I. Le droit coutumierI. Le droit coutumier
Développer II. Droit canon et droit romainII. Droit canon et droit romain
Réduire Section 3. Des apports et des créationsSection 3. Des apports et des créations
Développer I. La conception du droit et de la justiceI. La conception du droit et de la justice
Développer II. Le renouvellement du droit des personnes et des contratsII. Le renouvellement du droit des personnes et des contrats
Réduire Chapitre 3. La construction de l'État moderneChapitre 3. La construction de l'État moderne
Réduire Section 1. Les bouleversements des temps modernesSection 1. Les bouleversements des temps modernes
Développer I. Ombres et lumières du XVIe siècleI. Ombres et lumières du XVIe siècle
Développer II. La montée de l'autoritarisme au XVIIe siècle II. La montée de l'autoritarisme au XVIIe siècle
Réduire Section 2. Vers l'État absolutisteSection 2. Vers l'État absolutiste
Développer I. Les pouvoirs du roi I. Les pouvoirs du roi
Développer II. Le développement de l'appareil étatiqueII. Le développement de l'appareil étatique
Réduire Section 3. Le pluralisme de l'ancien droit Section 3. Le pluralisme de l'ancien droit
Développer I. Pays de coutumes et pays de droit écrit I. Pays de coutumes et pays de droit écrit
Développer II. Les forces d'unificationII. Les forces d'unification
Réduire Section 4. Les théoriciens de l'État Section 4. Les théoriciens de l'État
Développer I. Souveraineté et droit divinI. Souveraineté et droit divin
Développer II. L'école du droit naturel moderneII. L'école du droit naturel moderne
Réduire Chapitre 4. Le siècle des LumièresChapitre 4. Le siècle des Lumières
Réduire Section 1. La nouvelle philosophie politiqueSection 1. La nouvelle philosophie politique
Développer I. Montesquieu et l'Esprit des loisI. Montesquieu et l'Esprit des lois
Développer II. Rousseau et le Contrat social II. Rousseau et le Contrat social
Réduire Section 2. Une nouvelle vision du droit Section 2. Une nouvelle vision du droit
Développer I. Le principe de légalitéI. Le principe de légalité
Développer II. Les progrès de l'individualismeII. Les progrès de l'individualisme
Réduire Section 3. La variété des modèlesSection 3. La variété des modèles
Développer I. Les révolutions anglaises et américainesI. Les révolutions anglaises et américaines
Développer II. Despotisme éclairé et monarchie traditionnelleII. Despotisme éclairé et monarchie traditionnelle
Succession des règnes


 
Initiation historique à l’étude de droit :

 

de l’AntiquitÉ romaine au milieu du XVIIIe siècle

Deug I Droit, 1er semestre

35 h CM

2002-2003

Anne Girollet

 

 

Avertissement :

Ce document n’est pas un manuel d’histoire du droit, mais mes notes personnelles de mon cours magistral 1er semestre, 1re année de droit, dispensé pendant l’année universitaire 2002-2003.

Ces notes personnelles ne sont donc pas exhaustives et comportent des choix personnels en raison du quota d’heures de cours. (Je vous prie également de bien vouloir excuser les éventuelles coquilles).

Je les mets en ligne pour faciliter la compréhension des principales problématiques de la période, mais ces notes ne sont évidemment pas suffisantes pour des recherches approfondies.

 

Pourquoi une approche historique du droit ? L’histoire, c’est la science qui étudie l’homme et la société, c’est un peu comme une psychanalyse d’une société : on ne peut comprendre la société actuelle qu’en connaissant son passé, ses influences. Pourquoi la création, la modification ou la suppression d’une règle juridique ? Ce sont ces questions qui sont les plus intéressantes.

Ce n’est donc pas un cours d’histoire conjoncturelle mais un cours d’histoire analytique du droit, des institutions publiques… qui tente de placer les règles de droit dans leur contexte historique, politique, théorique, économique…

 

Si vous avez des remarques ou des suggestions, n’hésitez pas… Site personnel : http://www.girollet.com/anne


Chapitre 1. Les fondations romaines

Le droit est l’ensemble des règles qui organise la vie en société : droit objectif.

Le droit subjectif est l’ensemble des prérogatives d’un individu.

Notre droit actuel français est largement influencé par le droit romain.

Le droit romain est la science du droit la plus élaborée de l’Antiquité. Il a été transmis à l’Europe (devenue chrétienne). Les Romains n’ont pas inventé le droit, mais l’un des intérêts est la séparation précoce du droit et de la religion. Ils ont été les premiers à séparer le droit de la religion.

Avant, le droit était toujours lié aux dieux, le droit égyptien, par exemple, qui remonte vers 3000 av. J.-C.

Le Code d’Hammourabi (vers 1700 av. J.-C.) : la plus ancienne collection de lois connue, gravée sur une pierre cylindrique (au Louvre). Hammourabi, fondateur de l’Empire babylonien. Ici, le droit est censé transcrire les volontés de Dieu. C’est la plus ancienne collection de lois connue, gravée sur une pierre cylindrique en diorite, découverte en 1902 et conservée au Louvre. Hammourabi ou Hammourapi (1792-1750 av. J.-C.) fut le fondateur de l’Empire babylonien. Le Code d’Hammourabi régit de façon détaillée de nombreuses branches du droit, par exemple les articles 135 et 170 de la stèle font la différence au point du vue successoral entre les enfants issus de justes noces et ceux issus de concubins.

Autre exemple, le Décalogue (10 commandements donnés à Moïse sur le Mont Sinaï pour le peuple juif) et l’Ancien Testament (vers 1500-1200 av. J.-C.) : là encore, le droit est liée à la religion car il émane directement de Dieu.

 

Passage obligé d’utilisation d’un vocabulaire en latin.

Le principal souci de l’étude des institutions romaines : c’est la question de l’absence de sources directes, d’où des interprétations diverses, des contradictions entre les historiens, même au niveau des dates. Clarification à l’extrême de cette période qui comporte un risque : à force de clarifier, le propos devient caricatural et donc éventuellement faux. Mais c’est un passage obligé.

Les dates : plus ou moins approximatives, dépendent des historiens.

Ce qui est essentiel est de comprendre l’évolution générale.

 

Section 1. Une cité et un empire

Notion de cité : communauté territoriale (ville + plat pays qui l’entoure), mais c’est surtout une communauté humaine.

En grec : polis, dans cette cité, on discute les affaires de la cité (politique).

 

I. De la fondation à la chute de Rome

Plus de dix siècles d’histoire romaine ; périodisation politique.

Rome, au départ était une cité. jus = le droit à Rome.

Les habitants de Rome sont des citoyens (cives).

Rome était ceinturée par une ligne de démarcation appelée le pomerium.

On distingue trois périodes traditionnellement (controverses) : la royauté de -753 à -509 ; la République de -509 à -27 ; et l’Empire de -27 à 476.

 

A. La royauté

-753 : date traditionnelle de la fondation par Romulus.

Cette tradition relève d’une légende mythique. Romulus et Remus, deux frères jumeaux, descendants d’énée (héros de la guerre de Troie) seraient les fils d’une vestale et du dieu Mars. Le roi les fait jeté dans le Tibre, mais ils ont été sauvés par la décrue du fleuve, ils échouent sur la rive et sont nourris par la louve Luperca, puis élevés par des bergers. Devenus des hommes, Romulus et Remus se disputent le pouvoir, consultent les dieux. En -753, trace une ligne de démarcation (creuse un sillon avec sa charrue), qu’on appellera pomerium, enceinte sacrée et interdit de le traverser. Son frère Remus, par bravade, franchit le sillon et est mis à mort par Romulus. Au sein de cette ligne, Romulus aurait fondé une cité, avec un sénat, une assemblée populaire, une armée, il aurait été le premier roi de la cité et lui aurait donné son nom, Rome. Rome était entourée de sept collines.

Six rois lui auraient succédé jusqu’en 509.

Sept rois = donc, probablement mythe (quatre latins et sabins, trois étrusques de -600 à -509).

 

Cependant, les fouilles archéologiques révèlent que ce sont les étrusques (venus de l’Orient s’installer dans la région de la Toscane et du sud de Rome) qui sont les véritables fondateurs de Rome.

En effet, avant le VIIIe siècle, le site, dans le Latium (régions d’Italie), était habité par des Latins, sans organisation précise. Progressivement, certains s’enrichissent plus que d’autres. Vers -750, Rome se transforme et devient une sorte de fédération de familles, avec un habitat plus marqué sur les collines, le rôle de Rome était la protection du Latium. Cette fédération marque le clivage entre l’aristocratie foncière et les familles plus pauvres, car ce sont les plus riches qui forment cette fédération. Fusion avec la population voisine, les Sabins vers la 2e moitié du VIIe siècle.

Rome était donc une fédération de familles appelées gens (au pluriel, gentes). Les membres des familles ont un ancêtre commun, un culte commun et portent le même nom : le gentilice. Les Romains ont trois noms : d’abord le prénom, puis le gentilice puis le nom de famille étroite. Chaque gens à un chef (pater, les patres) et une organisation. Le pater familias a un pouvoir absolu, la patria potestas, avec, sans doute dès l’origine, le droit de vie et de mort. Cette organisation regroupe également les clients (du verbe cluere, obéir), qui sont des hommes libres mais placés sous la protection d’une gens en contrepartie de leur fidélité, travail, obéissance, service militaire, c’est donc un engagement réciproque. Le lien de clientèle entre le client et le patron est héréditaire. Toute trahison de la fidélité du client est punie par la mort immédiate. Un patron peut avoir jusqu’à 5 000 clients.

Les patres les plus influents forment un conseil fédéral (environ 100 patres, ancêtre du sénat) et se donne un roi. Mais Rome n’est qu’une cité pour l’instant. Ce roi est donc choisi et investi par l’aristocratie. Pas de pouvoir héréditaire du roi. Les patres ont seuls l’auspicium, c’est-à-dire la possibilité de consulter les dieux avant de prendre toute décision : soit on scrute le vol des oiseaux, les augures (conseils, messages des dieux). Le droit d’auspices est fondamental car pour toute décision il faut l’accord des dieux. Ce sont donc ceux qui ont l’auspicium qui peuvent donner le pouvoir. C’est pourquoi, ce sont les patres qui font le roi sous cette royauté fédérale latine. Tous les ans, regifugium (fuite du roi pendant 5 jours), rite qui souligne l’infériorité du roi (interrègne). En cas de vacance du pouvoir, c’est l’interrègne (interregnum), l’interrex est désigné par les patres.

Les patres vont devenir une aristocratie héréditaire, prendra le nom de patriciens (patriciat).

Ce roi latin est un chef religieux, militaire et politique. Mais il est toujours censé consulter les patres. Les habitants sont divisés en 3 tribus de gentes qui fournisse chacune 10 curies, donc 30 curies en tout qui devaient répondre à la levée des hommes si nécessaire, les curies symbolisent la fraternité de combat : culte et sacrifice commun à chaque curie. Elles regroupent tout le monde, l’assemblée qu’elles forment s’appellent comices curiates (regroupe tout le peuple). Influence très forte des patres.

 

Ensuite, invasion des étrusques vers -620, occupation des petites plaines et constructions de fortifications : Rome devient une ville. Grande politique d’urbanisation, d’assèchement des marais du fleuve Tibre. Le ressort territorial de la cité de Rome est encore petit : ne dépasse pas le Latium.

Ces familles ont subi l’invasion étrusque qui met en place un pouvoir royal étrusque fort, fondé sur la religion. Il ne s’agit plus d’une monarchie fédérale, mais d’une monarchie urbaine.

Le pomerium a certainement été tracé par Tarquin l’Ancien, cinquième roi légendaire de Rome (règne de ~616 à ~578 av. J.-C.), et non par Romulus. C’est une enceinte sacrée au sein de laquelle le pouvoir n’est que civil avec interdiction d’y entrer en armes (sauf triomphe), statut religieux (pas d’inhumation dans la ville).

Nouvelle organisation de la population pour éviter l’influence des gentes : adoption une organisation politique fondée sur le territoire et non plus sur la gens. Division attribuée à Servius Tullius, au VIe siècle.

On divise tout le peuple romain en tribu : quatre tribus urbaines (dans la ville), 6 à 10 tribus rurales (en-dehors de la ville) [en fonction du domicile et non en fonction de l’appartenance à une gens comme avant].

Ensuite on crée également une division fondée sur la fortune : division en cinq classes. Chaque classe est divisé en centurie (100 personnes). Le classement est en fonction de leur richesse qui détermine le service militaire (c’est le citoyen qui s’équipe lui-même d’où l’exemption du service militaire pour les indigents) et les droits politiques.

 

Le roi n’est pas divinisé contrairement à l’égypte, mais il entretient des relations particulières avec les dieux. Le roi est le chef de la religion officielle (fixe le calendrier des jours fastes et néfastes). Le roi étrusque s’est arrogé le privilège de consulter les dieux : le droit d’auspices (auspicium). Ainsi, son pouvoir devient absolu.

Apparition avec les étrusques de la notion d’imperium : le roi a le pouvoir suprême de commandement, militaire, civil, judiciaire, pouvoir de prendre des décisions obligatoires qui expriment la volonté de la cité. Les symboles de l’imperium sont le manteau de pourpre (tuniques rouges des magistrats), le sceptre et les licteurs qui portent des fagots symboliques de la contrainte de la justice avec un hache. Les licteurs sont les gardes personnels qui appliquent les peines.

à l’intérieur du pomerium, le pouvoir n’est que civil : imperium domi. Progression de la justice royale au détriment de la justice des gentes. à l’extérieur du pomerium, le pouvoir est sans limite, avec une vocation militaire : imperium militiae.

La royauté n’est pas héréditaire mais, semble-t-il, le roi pouvait choisir son successeur (souvent faisant partie de la famille, mais pas de notion de droit d’aînesse). Comme le roi a usurpé l’auspicium, les patres n’avait plus les moyens de le désigner, mais l’investiture religieuse était nécessaire. Pour ne pas dépendre des patres, le roi étrusque sollicite l’acclamation des comices curiates pour l’investiture de l’auspicium.

Les patres ont estimé que l’autorité des rois successifs, notamment le 7e et dernier roi étrusque, Tarquin le Superbe, devenait excessive car Tarquin ne leur demandait plus du tout conseil. En -509, c’est la révolution aristocratique, révolution fondamentale qui marque le début de la République.

 

B. La République

Y a-t-il un état ? le terme n’existe pas en latin. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement est passé du domaine privé du roi au domaine public. Il est devenu la chose publique, la res publica (chose publique, bien commun, collectivité des citoyens) ; jamais une démocratie (pouvoir du demos).

La République se forme progressivement et met au point un régime tout à fait original. C’est sous cette période que va se former l’essentiel du droit romain. L’évolution de la République est indissociable de celle des magistratures. Les magistrats sont ceux qui exercent une fonction publique avec une autorité politique, un pouvoir de décision.

 

-509 Tarquin le Superbe est chassé de Rome et remplacé par deux consuls (deux pour éviter le gouvernement d’un seul). Le consulat est réservé au départ aux patriciens. Les patriciens veulent retrouver leurs pouvoirs.

Ces consuls sont des magistrats (magistratus, magis, qui est ou qui peut plus).

Ils ont l’imperium domi et militiae, ce sont eux qui ont l’autorité, le pouvoir de commandement. Ils sont donc investis par les comices curiates. Chaque consul a 12 licteurs. Ils sont désignés pour un an pour éviter que les consuls n’abusent de leur pouvoir.

Au départ, on parle de royauté dédoublée (cf. infra), car c’était plutôt une cooptation entre patriciens que de véritables élections, mais très rapidement, ils seront élus par les comices centuriates. La deuxième raison était l’absence, au départ, de collégialité, i.e. cette faculté de s’empêcher l’un l’autre (cf. infra). Un consul s’occupait de l’intérieur de la cité (imperium domi), l’autre s’occupait de l’extérieur (imperium militiae). La collégialité sera acquise en avec la loi des XII Tables (-451-450) et les lois Valeriae Horatiae (-449), i.e. que les deux consuls ont l’intégralité des pouvoirs et pourront ainsi s’empêcher l’un l’autre.

Avec l’expansion de Rome, seront ensuite créées d’autres magistratures : le préteur, le censeur, le questeur, l’édile… Au départ, ces magistratures seront réservées aux patriciens. (cf. II.).

 

Les patriciens formeront le sénat qui a l’auctoritas, force morale supérieure (cf. infra). Le sénat n’a pas de pouvoir de décision juridiquement, il n’émet que des avis (sénatus-consultes), mais en raison de l’auctoritas, aucun magistrat n’agit sans l’avis du sénat.

 

La République n’est pas une démocratie (gouvernement par le peuple), mais une oligarchie (gouvernement par quelques-uns) aristocratique (gouvernement par les meilleurs), même si les Romains estimaient que Rome était passée du regnum à la libertas, mais ce n’est pas la liberté du peuple, c’est une République aristocratique dominée par le patriciat (groupe dominant de familles qui accaparent le consulat).

Avec ses nouvelles institutions réservées au patriciat, le reste du peuple prend conscience des inégalités, aussi bien économiques que politiques, et va contester l’organisation politique en faisant sécession, i.e. refuse de porter les armes, de continuer à travailler, se retire de la cité.

La plèbe fera plusieurs sécession entre le Ve et le IIIe siècle, qui aboutissent à diverses concessions.

La première sécession date de -494-493. Ce reste du peuple va prendre conscience de ses points communs, c’est ainsi qu’apparaît la notion de plèbe (regroupe les plébéiens, i.e. tous ceux qui ne sont pas patriciens). Les plébéiens sont aussi des citoyens romains mais n’ont pas de pouvoirs politiques. Le peuple, populus, c’est la plèbe + le patriciat.

En -493, les soldats se sont retirés de Rome, s’installent sur la Mont Sacré ou, selon les traductions, Mont de la Malédiction, sur la colline de l’Aventin (à quelques km de Rome) et refusent d’obéir aux ordres. Ils obtiennent la reconnaissance politique de la plèbe et la création des tribuns de la plèbe, chargés de défendre les intérêts de la plèbe. Ces tribuns n’ont pas l’imperium mais sont inviolables, sacro-saints, et peuvent s’opposer à toute décision des magistrats (cf. infra).

En -471 est créée l’assemblée de la plèbe, le concile de la plèbe, (concilium plebis, au pluriel concilia plebis) qui élit les tribuns de la plèbe (4 puis 10 tribuns). Les décisions de cette assemblée sont des plébiscites.

 

L’autre concession fondamentale qui ne se fait que progressivement, est l’accès aux magistratures, d’abord le consulat au IVe siècle av. J.-C. puis les autres. La date importante est -367, le compromis liciniosextien qui ouvre le consulat aux plébéiens (cf. infra). La victoire est complète lorsque la plèbe accède grand pontificat en -300 (alors que la religion a toujours été considérée comme le bastion réservé des patriciens).

 

Mais la République n’est toujours pas démocratique, car si les magistratures sont ouvertes aux plébéiens, elles sont réservées à l’élite plébéienne qui se marie d’ailleurs avec des patriciens. Ainsi, une nouvelle aristocratie apparaît au IIIe siècle av. J.-C. : la nobilitas. La nobilitas regroupe les familles dont un ancêtre avait exercé une magistrature.

 

Pendant toute la République, Rome a été expansionniste « L’audace de prétendre à la domination universelle » (Polybe, 1, 6, 3). Elle progresse au nord en battant les étrusques, au sud contre les Grecs. Rome a conquis toute l’Italie progressivement, la conquête de l’Italie est achevée en -272.

Rome s’est ensuite attaqué au bassin méditerranéen (Méditerranée : Mare nostrum, notre mer).

Anecdote : en 280 av. J.-C., Rome est défaite par Pyrrhus, roi d’épire (entre la Grèce et l’Albanie), au prix d’une bataille très sanglante, très chèrement obtenue, Pyrrhus s’écrie à la fin de la bataille : « Encore une victoire semblable et nous sommes perdus ! », d’où l’expression : une victoire à la Pyrrhus. Pyrrhus avait d’abord gagné car les légionnaires étaient tout simplement effrayés par les éléphants, mais ils s’adaptent vite et quand les Romains attaquent à nouveau, cette fois-ci ils ont des chars ad hoc munis de faux !

Les guerres les plus célèbres sont les trois guerres contre Carthage (près de Tunis), appelées les guerres puniques (vient du mot Carthage) entre -264 et -146 (destruction totale de Carthage sous la direction de Scipion émilien). Le chef carthaginois le plus célèbre est Hannibal (et ses éléphants).

Rome a ainsi conquis la Sicile, l’Espagne, le sud de la Gaule, la Grèce, la Turquie et enfin l’égypte (sous Cléopâtre, rattachée à l’Empire romain en -31). Puis Rome domine le bassin Méditerranéen et l’Asie mineure.

Plusieurs millions de km². Ces territoires conquis deviennent des provinces, mais n’ont pas le même statut que Rome. Rome devient un empire territorial, les conquêtes vont créer des tensions sociales très fortes qui vont montrer les insuffisances des institutions républicaines. Il faudra créer une autre organisation politique qu’on va appeler l’Empire (au sens politique).

 

Pour les deux siècles av. J.-C., problème religieux et économique.

-186, l’affaire des Bacchanales avec la création de tribunaux criminels d’exception. Répression de cérémonies d’initiation considérés comme barbares et criminelles, ces rites (qui vont à l’encontre des rites impériaux, s’étendent en Italie et à Rome, y compris au plus haut niveau. Sénat incite à la dénonciation, arrête les prêtres, interdit les réunions, détruit les sanctuaires, châtie les coupables, en tout, 7 000 conspirateurs. Chasse aux sorcières pendant des années. événement important car après, on cherche des hommes forts… surtout dans les provinces. Les institutions républicaines montrent leurs limites, ce qui est accentué par les inégalités sociales.

L’enrichissement des conquêtes ne profite qu’aux plus riches (argent, esclaves). Les paysans sont mobilisés dans l’armée, doivent donc laisser leurs terres, et lorsqu’ils reviennent, ils sont encore plus pauvres et doivent vendre leurs terres.

-135-131, 1re grande révolte servile.

Quelques tentatives de réformes, notamment les deux frères Gracques, pour plus d’égalité. Les deux frères Gracques sont tribuns de la plèbe les années -133 et -121, réformes agraires, proposent des réformes de la répartition des terres, volonté également de renforcer le pouvoir des tribuns. Mais c’est un échec car l’aristocratie s’est soulevée.

-91-88 : guerre dite « sociale » entre les Romains et les alliés italiens. Sociale car socii signifie alliés. Ces alliés italiens sont des sous-citoyens et Rome ne veut pas leur donner la citoyenneté et les droits afférents. Par contre, Rome n’hésite jamais à lever les hommes pour la guerre. C’est une sorte de lutte des classes.

Face aux besoins d’ordre et aux besoins militaires de la conquête, on assiste à une montée des généraux qui veulent le pouvoir. Or, les soldats ne peuvent pas entrer en armes au sein du pomerium. Mais le général Sylla le fera, en -88, et il est nommé consul. Dirigera Rome seul, dictateur de -82 à -79. Sylla a été approuvé par le sénat et investi de la dictature, mais la dictature est dévoyée car elle n’est plus limitée dans le temps (normalement que 6 mois, cf. infra). Il va s’illustrer notamment par les proscriptions. Sylla démissionne.

Après, différents consuls.

-73-71, révolte esclavagiste de Spartacus.

-70-66, Pompée a les pleins pouvoirs.

-63. Cicéron consul, conjuration de Catilina qui, après avoir essuyer un échec électoral, mobilise 20 000 hommes avec pour ordre d’assassiner Cicéron et d’incendier la Ville. Cicéron sent le danger, obtient les pleins pouvoirs et réussit à déjouer le projet : cette tentative de coup d’état apparaît comme exemplaire de la complexité des intrigues politiques à Rome.

[Une catilinaire est une sortie, une satire violente, une diatribe, un réquisitoire, une harangue virulente contre un adversaire coupable de quelque mauvaise action. Le mot vient de Catilina, patricien romain qui abusait de sa position et fomenta une conjuration contre le Sénat en 63 av. J.-C., conjuration qui fut dénoncée la même année par Cicéron dans quatre harangues connues sous le nom des catilinaires. Elles précédèrent de peu l’exécution de Catilina. La première phrase de la première catilinaire est célèbre : Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? (Jusqu’à quand enfin, Catilina, vas-tu abuser de notre patience ?). On l’utilise habituellement pour mettre en garde les responsables qui détournent des fonds publics ou de fonds affectés à des grandes causes nationales.]

-63, César revêt le Grand Pontificat.

- 60. Triumvirat à trois, Gracius, Pompée et César qui ont évincé Cicéron.

Pompée prend le pouvoir en -49 obtient les pleins pouvoirs par un sénatus-consulte ultimum. César (général qui avait gagné la Gaule en -52, Alésia) franchit alors le Rubicon. C’est le signal de la guerre civile et l’occasion pour chacun d’assouvir ses ambitions sous le prétexte de la défense de la libertas.

En -49, César consul et dictateur.

-44, César dictateur à vie tout en gardant en place les autres magistrats. Il s’appuie sur l’armée et sur la religion (grand pontife). César tend vers le pouvoir personnel, on le suspecte (à tort ou à raison) de vouloir rétablir la monarchie. Il est assassiné aux Ides de Mars (mi-mars) de l’année -44, assassinat fomenté par une coalition de sénateurs qui estimaient que César aspirait à la monarchie, régime si détesté depuis les étrusques. César est assassiné par Brutus, son fils adoptif.

Marc Antoine devient consul. Mais anarchie.

-43, deuxième triumvirat : le pouvoir est disputé entre Lépide, Marc Antoine (ancien général de César) et Octave (petit neveu de César, héritier de César par adoption testamentaire de César). Guerre civile entre les deux généraux, Octave (18 ans) gère bien son héritage et insiste sur la liaison de Marc Antoine et Cléopâtre, or les Romains craignent une ascendance égyptienne sur Rome.

En -31, l’égypte est rattaché à l’Empire romain (bataille d’Actium, combat pour la défense des valeurs de l’Occident) Marc Antoine et Cléopâtre se suicident peu après, mise à mort des aînés de leurs enfants et rapatriement à Rome des cadets. Octave est nommé consul, puis une deuxième fois. En -27, Octave feint de renoncer au consulat, se rend devant le sénat et les sénateurs le retiennent, il est nommé en -27 Auguste (titre réservé aux Dieux), l’empire est né sans abolir la République.

 

C. L’Empire

Les trois premiers siècles forment la période du Haut-Empire, appelé principat. On parlera de dominat à partir du IIIe siècle car l’empereur sera plus que le premier des citoyens. à partir de l’avènement de Dioclétien (284), c’est la période de l’Antiquité tardive.

 

Régime établi par Auguste à partir de -27.

Auguste a la même origine qu’auctoritas, cette auctoritas est attribuée à sa capacité de rétablir la paix à Rome, qui découle pour le peuple de la volonté des dieux. Début de la sacralisation d’Octave-Auguste. Il obtient ensuite le titre de princeps (premier d’entre tous), d’où le nom de principat. Son titre complet est alors imperator Caesar Augustus (empereur César Auguste), pour souligner sa filiation avec Jules César.

Il reçoit ensuite la puissance tribunicienne (il obtient tous les pouvoirs des tribuns de la plèbe, notamment l’inviolabilité.

Partage apparent entre le sénat et l’empereur.

Partage des provinces conquises en -27 : provinces sénatoriales, provinces impériales.

Assemblées populaires inactives.

Pouvoir de type monarchique (titre d’empereur) et de type républicain (sénat, magistrats…), mais dans les faits, forme monarchique.

La difficulté est la transmission du pouvoir. Auguste, sur son lit de mort en +14 ap. J.-C., a réussi sa succession : son beau-fils, Tibère, est proclamé empereur. La transmission du pouvoir ne sera pas toujours aussi simple.

 

L’empereur a le pouvoir absolu. Développement d’une administration et d’une bureaucratie impériales.

Les deux premiers siècles ap. J.-C. sont caractérisés par une stabilisation des conquêtes, une paix romaine (pax romana) avec 500 000 soldats !.

 

+200, dominat, pouvoir impérial et pas uniquement le premier d