Table des matières
|
Initiation
historique à l’étude de droit :
de l’AntiquitÉ romaine au milieu du XVIIIe
siècle
Deug I Droit, 1er semestre
35 h CM
2002-2003
Anne Girollet
Avertissement :
Ce document n’est pas un manuel d’histoire du droit, mais mes notes personnelles
de mon cours magistral 1er semestre, 1re année de droit, dispensé
pendant l’année universitaire 2002-2003.
Ces notes personnelles ne sont donc pas exhaustives et comportent des choix personnels
en raison du quota d’heures de cours. (Je vous prie également de bien vouloir excuser
les éventuelles coquilles).
Je les mets en ligne pour faciliter la compréhension des principales problématiques
de la période, mais ces notes ne sont évidemment pas suffisantes pour des recherches
approfondies.
Pourquoi une approche historique du droit ? L’histoire, c’est la science qui étudie
l’homme et la société, c’est un peu comme une psychanalyse d’une société : on ne
peut comprendre la société actuelle qu’en connaissant son passé, ses influences.
Pourquoi la création, la modification ou la suppression d’une règle juridique ?
Ce sont ces questions qui sont les plus intéressantes.
Ce n’est donc pas un cours d’histoire conjoncturelle mais un cours d’histoire analytique
du droit, des institutions publiques… qui tente de placer les règles de droit dans
leur contexte historique, politique, théorique, économique…
Si vous avez des remarques ou des suggestions, n’hésitez pas… Site personnel : http://www.girollet.com/anne
Chapitre 1. Les fondations romaines
Le droit est l’ensemble des règles qui organise la vie en société :
droit objectif.
Le droit subjectif est l’ensemble des prérogatives d’un individu.
Notre droit actuel français est largement influencé par le droit romain.
Le droit romain est la science du droit la plus élaborée de l’Antiquité.
Il a été transmis à l’Europe (devenue chrétienne).
Les Romains n’ont pas inventé le droit, mais l’un des intérêts
est la séparation précoce du droit et de la religion. Ils ont été
les premiers à séparer le droit de la religion.
Avant, le droit était toujours lié aux dieux, le droit égyptien,
par exemple, qui remonte vers 3000 av. J.-C.
Le Code d’Hammourabi (vers 1700 av. J.-C.) : la plus ancienne collection
de lois connue, gravée sur une pierre cylindrique (au Louvre). Hammourabi,
fondateur de l’Empire babylonien. Ici, le droit est censé transcrire
les volontés de Dieu. C’est la plus ancienne collection de lois connue,
gravée sur une pierre cylindrique en diorite, découverte en 1902 et
conservée au Louvre. Hammourabi ou Hammourapi (1792-1750 av. J.-C.) fut le
fondateur de l’Empire babylonien. Le Code d’Hammourabi régit
de façon détaillée de nombreuses branches du droit, par exemple
les articles 135 et 170 de la stèle font la différence au point du
vue successoral entre les enfants issus de justes noces et ceux issus de concubins.
Autre exemple, le Décalogue (10 commandements donnés à Moïse
sur le Mont Sinaï pour le peuple juif) et l’Ancien Testament (vers 1500-1200
av. J.-C.) : là encore, le droit est liée à la religion
car il émane directement de Dieu.
Passage obligé d’utilisation d’un vocabulaire en latin.
Le principal souci de l’étude des institutions romaines : c’est
la question de l’absence de sources directes, d’où des interprétations
diverses, des contradictions entre les historiens, même au niveau des dates.
Clarification à l’extrême de cette période qui comporte
un risque : à force de clarifier, le propos devient caricatural et donc
éventuellement faux. Mais c’est un passage obligé.
Les dates : plus ou moins approximatives, dépendent des historiens.
Ce qui est essentiel est de comprendre l’évolution générale.
Notion de cité : communauté territoriale (ville + plat pays qui
l’entoure), mais c’est surtout une communauté humaine.
En grec : polis, dans cette cité, on discute les affaires de
la cité (politique).
Plus de dix siècles d’histoire romaine ; périodisation
politique.
Rome, au départ était une cité. jus = le droit à
Rome.
Les habitants de Rome sont des citoyens (cives).
Rome était ceinturée par une ligne de démarcation appelée
le pomerium.
On distingue trois périodes traditionnellement (controverses) : la royauté
de -753 à -509 ; la République de -509 à -27 ; et
l’Empire de -27 à 476.
-753 : date traditionnelle de la fondation par Romulus.
Cette tradition relève d’une légende mythique. Romulus et Remus,
deux frères jumeaux, descendants d’énée
(héros de la guerre de Troie) seraient les fils d’une vestale et du
dieu Mars. Le roi les fait jeté dans le Tibre, mais ils ont été
sauvés par la décrue du fleuve, ils échouent sur la rive et
sont nourris par la louve Luperca, puis élevés par des bergers. Devenus
des hommes, Romulus et Remus se disputent le pouvoir, consultent les dieux. En -753,
trace une ligne de démarcation (creuse un sillon avec sa charrue), qu’on
appellera pomerium, enceinte sacrée et interdit de le traverser. Son
frère Remus, par bravade, franchit le sillon et est mis à mort par
Romulus. Au sein de cette ligne, Romulus aurait fondé une cité, avec
un sénat, une assemblée populaire, une armée, il aurait été
le premier roi de la cité et lui aurait donné son nom, Rome. Rome
était entourée de sept collines.
Six rois lui auraient succédé jusqu’en 509.
Sept rois = donc, probablement mythe (quatre latins et sabins, trois étrusques
de -600 à -509).
Cependant, les fouilles archéologiques révèlent que ce sont
les étrusques (venus de l’Orient
s’installer dans la région de la Toscane et du sud de Rome) qui sont
les véritables fondateurs de Rome.
En effet, avant le VIIIe siècle, le site, dans le Latium
(régions d’Italie), était habité par des Latins, sans
organisation précise. Progressivement, certains s’enrichissent plus
que d’autres. Vers -750, Rome se transforme et devient une sorte de fédération
de familles, avec un habitat plus marqué sur les collines, le rôle
de Rome était la protection du Latium. Cette fédération marque
le clivage entre l’aristocratie foncière et les familles plus pauvres,
car ce sont les plus riches qui forment cette fédération. Fusion avec
la population voisine, les Sabins vers la 2e moitié du VIIe siècle.
Rome était donc une fédération de familles appelées
gens (au pluriel, gentes). Les membres des familles ont un ancêtre
commun, un culte commun et portent le même nom : le gentilice. Les Romains
ont trois noms : d’abord le prénom, puis le gentilice puis le
nom de famille étroite. Chaque gens à un chef (pater,
les patres) et une organisation. Le pater familias a un pouvoir absolu,
la patria potestas, avec, sans doute dès l’origine, le droit
de vie et de mort. Cette organisation regroupe également les clients (du
verbe cluere, obéir), qui sont des hommes libres mais placés
sous la protection d’une gens en contrepartie de leur fidélité,
travail, obéissance, service militaire, c’est donc un engagement réciproque.
Le lien de clientèle entre le client et le patron est héréditaire.
Toute trahison de la fidélité du client est punie par la mort immédiate.
Un patron peut avoir jusqu’à 5 000 clients.
Les patres les plus influents forment un conseil fédéral (environ
100 patres, ancêtre du sénat) et se donne un roi. Mais Rome
n’est qu’une cité pour l’instant. Ce roi est donc choisi
et investi par l’aristocratie. Pas de pouvoir héréditaire du
roi. Les patres ont seuls l’auspicium, c’est-à-dire
la possibilité de consulter les dieux avant de prendre toute décision :
soit on scrute le vol des oiseaux, les augures (conseils, messages des dieux). Le
droit d’auspices est fondamental car pour toute décision il faut l’accord
des dieux. Ce sont donc ceux qui ont l’auspicium qui peuvent donner
le pouvoir. C’est pourquoi, ce sont les patres qui font le roi sous
cette royauté fédérale latine. Tous les ans, regifugium
(fuite du roi pendant 5 jours), rite qui souligne l’infériorité
du roi (interrègne). En cas de vacance du pouvoir, c’est l’interrègne
(interregnum), l’interrex est désigné par les
patres.
Les patres vont devenir une aristocratie héréditaire, prendra
le nom de patriciens (patriciat).
Ce roi latin est un chef religieux, militaire et politique. Mais il est toujours
censé consulter les patres. Les habitants sont divisés en 3
tribus de gentes qui fournisse chacune 10 curies, donc 30 curies en tout
qui devaient répondre à la levée des hommes si nécessaire,
les curies symbolisent la fraternité de combat : culte et sacrifice
commun à chaque curie. Elles regroupent tout le monde, l’assemblée
qu’elles forment s’appellent comices curiates (regroupe tout le peuple).
Influence très forte des patres.
Ensuite, invasion des étrusques
vers -620, occupation des petites plaines et constructions de fortifications :
Rome devient une ville. Grande politique d’urbanisation, d’assèchement
des marais du fleuve Tibre. Le ressort territorial de la cité de Rome est
encore petit : ne dépasse pas le Latium.
Ces familles ont subi l’invasion étrusque qui met en place un pouvoir
royal étrusque fort, fondé sur la religion. Il ne s’agit plus
d’une monarchie fédérale, mais d’une monarchie urbaine.
Le pomerium a certainement été tracé par Tarquin l’Ancien,
cinquième roi légendaire de Rome (règne de ~616 à ~578
av. J.-C.), et non par Romulus. C’est une enceinte sacrée au sein de
laquelle le pouvoir n’est que civil avec interdiction d’y entrer en
armes (sauf triomphe), statut religieux (pas d’inhumation dans la ville).
Nouvelle organisation de la population pour éviter l’influence des
gentes : adoption une organisation politique fondée sur le territoire
et non plus sur la gens. Division attribuée à Servius Tullius,
au VIe siècle.
On divise tout le peuple romain en tribu : quatre tribus urbaines (dans la
ville), 6 à 10 tribus rurales (en-dehors de la ville) [en fonction du domicile
et non en fonction de l’appartenance à une gens comme avant].
Ensuite on crée également une division fondée sur la fortune :
division en cinq classes. Chaque classe est divisé en centurie (100 personnes).
Le classement est en fonction de leur richesse qui détermine le service militaire
(c’est le citoyen qui s’équipe lui-même d’où
l’exemption du service militaire pour les indigents) et les droits politiques.
Le roi n’est pas divinisé contrairement à l’égypte,
mais il entretient des relations particulières avec les dieux. Le roi est
le chef de la religion officielle (fixe le calendrier des jours fastes et néfastes).
Le roi étrusque s’est arrogé le privilège de consulter
les dieux : le droit d’auspices (auspicium). Ainsi, son pouvoir
devient absolu.
Apparition avec les étrusques
de la notion d’imperium : le roi a le pouvoir suprême de
commandement, militaire, civil, judiciaire, pouvoir de prendre des décisions
obligatoires qui expriment la volonté de la cité. Les symboles de
l’imperium sont le manteau de pourpre (tuniques rouges des magistrats),
le sceptre et les licteurs qui portent des fagots symboliques de la contrainte de
la justice avec un hache. Les licteurs sont les gardes personnels qui appliquent
les peines.
à l’intérieur
du pomerium, le pouvoir n’est que civil : imperium domi.
Progression de la justice royale au détriment de la justice des gentes.
à l’extérieur
du pomerium, le pouvoir est sans limite, avec une vocation militaire :
imperium militiae.
La royauté n’est pas héréditaire mais, semble-t-il, le
roi pouvait choisir son successeur (souvent faisant partie de la famille, mais pas
de notion de droit d’aînesse). Comme le roi a usurpé l’auspicium,
les patres n’avait plus les moyens de le désigner, mais l’investiture
religieuse était nécessaire. Pour ne pas dépendre des patres,
le roi étrusque sollicite l’acclamation des comices curiates pour l’investiture
de l’auspicium.
Les patres ont estimé que l’autorité des rois successifs,
notamment le 7e et dernier roi étrusque, Tarquin le Superbe, devenait
excessive car Tarquin ne leur demandait plus du tout conseil. En -509, c’est
la révolution aristocratique, révolution fondamentale qui marque le
début de la République.
Y a-t-il un état ? le
terme n’existe pas en latin. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement
est passé du domaine privé du roi au domaine public. Il est devenu
la chose publique, la res publica (chose publique, bien commun, collectivité
des citoyens) ; jamais une démocratie (pouvoir du demos).
La République se forme progressivement et met au point un régime tout
à fait original. C’est sous cette période que va se former l’essentiel
du droit romain. L’évolution de la République est indissociable
de celle des magistratures. Les magistrats sont ceux qui exercent une fonction publique
avec une autorité politique, un pouvoir de décision.
-509 Tarquin le Superbe est chassé de Rome et remplacé par deux consuls
(deux pour éviter le gouvernement d’un seul). Le consulat est réservé
au départ aux patriciens. Les patriciens veulent retrouver leurs pouvoirs.
Ces consuls sont des magistrats (magistratus, magis, qui est ou qui
peut plus).
Ils ont l’imperium domi et militiae, ce sont eux qui ont l’autorité,
le pouvoir de commandement. Ils sont donc investis par les comices curiates. Chaque
consul a 12 licteurs. Ils sont désignés pour un an pour éviter
que les consuls n’abusent de leur pouvoir.
Au départ, on parle de royauté dédoublée (cf. infra),
car c’était plutôt une cooptation entre patriciens que de véritables
élections, mais très rapidement, ils seront élus par les comices
centuriates. La deuxième raison était l’absence, au départ,
de collégialité, i.e. cette faculté de s’empêcher
l’un l’autre (cf. infra). Un consul s’occupait de l’intérieur
de la cité (imperium domi), l’autre s’occupait de l’extérieur
(imperium militiae). La collégialité sera acquise en avec la
loi des XII Tables (-451-450) et les lois Valeriae Horatiae (-449), i.e. que les
deux consuls ont l’intégralité des pouvoirs et pourront ainsi
s’empêcher l’un l’autre.
Avec l’expansion de Rome, seront ensuite créées d’autres
magistratures : le préteur, le censeur, le questeur, l’édile…
Au départ, ces magistratures seront réservées aux patriciens.
(cf. II.).
Les patriciens formeront le sénat qui a l’auctoritas, force
morale supérieure (cf. infra). Le sénat n’a pas de pouvoir
de décision juridiquement, il n’émet que des avis (sénatus-consultes),
mais en raison de l’auctoritas, aucun magistrat n’agit sans l’avis
du sénat.
La République n’est pas une démocratie (gouvernement par le
peuple), mais une oligarchie (gouvernement par quelques-uns) aristocratique (gouvernement
par les meilleurs), même si les Romains estimaient que Rome était passée
du regnum à la libertas, mais ce n’est pas la liberté
du peuple, c’est une République aristocratique dominée par le
patriciat (groupe dominant de familles qui accaparent le consulat).
Avec ses nouvelles institutions réservées au patriciat, le reste du
peuple prend conscience des inégalités, aussi bien économiques
que politiques, et va contester l’organisation politique en faisant sécession,
i.e. refuse de porter les armes, de continuer à travailler, se retire de
la cité.
La plèbe fera plusieurs sécession entre le Ve et le IIIe siècle,
qui aboutissent à diverses concessions.
La première sécession date de -494-493. Ce reste du peuple va prendre
conscience de ses points communs, c’est ainsi qu’apparaît la notion
de plèbe (regroupe les plébéiens, i.e. tous ceux qui ne sont
pas patriciens). Les plébéiens sont aussi des citoyens romains mais
n’ont pas de pouvoirs politiques. Le peuple, populus, c’est la
plèbe + le patriciat.
En -493, les soldats se sont retirés de Rome, s’installent sur la Mont
Sacré ou, selon les traductions, Mont de la Malédiction, sur la colline
de l’Aventin (à quelques km de Rome) et refusent d’obéir
aux ordres. Ils obtiennent la reconnaissance politique de la plèbe et la
création des tribuns de la plèbe, chargés de défendre
les intérêts de la plèbe. Ces tribuns n’ont pas l’imperium
mais sont inviolables, sacro-saints, et peuvent s’opposer à toute décision
des magistrats (cf. infra).
En -471 est créée l’assemblée de la plèbe, le
concile de la plèbe, (concilium plebis, au pluriel concilia plebis)
qui élit les tribuns de la plèbe (4 puis 10 tribuns). Les décisions
de cette assemblée sont des plébiscites.
L’autre concession fondamentale qui ne se fait que progressivement, est l’accès
aux magistratures, d’abord le consulat au IVe siècle
av. J.-C. puis les autres. La date importante est -367, le compromis liciniosextien
qui ouvre le consulat aux plébéiens (cf. infra). La victoire
est complète lorsque la plèbe accède grand pontificat en -300
(alors que la religion a toujours été considérée comme
le bastion réservé des patriciens).
Mais la République n’est toujours pas démocratique, car si les
magistratures sont ouvertes aux plébéiens, elles sont réservées
à l’élite plébéienne qui se marie d’ailleurs
avec des patriciens. Ainsi, une nouvelle aristocratie apparaît au IIIe siècle
av. J.-C. : la nobilitas. La nobilitas regroupe les familles
dont un ancêtre avait exercé une magistrature.
Pendant toute la République, Rome a été expansionniste « L’audace
de prétendre à la domination universelle » (Polybe, 1,
6, 3). Elle progresse au nord en battant les
étrusques, au sud contre les Grecs. Rome a conquis toute l’Italie
progressivement, la conquête de l’Italie est achevée en -272.
Rome s’est ensuite attaqué au bassin méditerranéen (Méditerranée :
Mare nostrum, notre mer).
Anecdote : en 280 av. J.-C., Rome est défaite par Pyrrhus, roi d’épire (entre la Grèce
et l’Albanie), au prix d’une bataille très sanglante, très
chèrement obtenue, Pyrrhus s’écrie à la fin de la bataille :
« Encore une victoire semblable et nous sommes perdus ! »,
d’où l’expression : une victoire à la Pyrrhus. Pyrrhus
avait d’abord gagné car les légionnaires étaient tout
simplement effrayés par les éléphants, mais ils s’adaptent
vite et quand les Romains attaquent à nouveau, cette fois-ci ils ont des
chars ad hoc munis de faux !
Les guerres les plus célèbres sont les trois guerres contre Carthage
(près de Tunis), appelées les guerres puniques (vient du mot Carthage)
entre -264 et -146 (destruction totale de Carthage sous la direction de Scipion
émilien). Le chef carthaginois
le plus célèbre est Hannibal (et ses éléphants).
Rome a ainsi conquis la Sicile, l’Espagne, le sud de la Gaule, la Grèce,
la Turquie et enfin l’égypte
(sous Cléopâtre, rattachée à l’Empire romain en
-31). Puis Rome domine le bassin Méditerranéen et l’Asie mineure.
Plusieurs millions de km². Ces territoires conquis deviennent des provinces,
mais n’ont pas le même statut que Rome. Rome devient un empire territorial,
les conquêtes vont créer des tensions sociales très fortes qui
vont montrer les insuffisances des institutions républicaines. Il faudra
créer une autre organisation politique qu’on va appeler l’Empire
(au sens politique).
Pour les deux siècles av. J.-C., problème religieux et économique.
-186, l’affaire des Bacchanales avec la création de tribunaux criminels
d’exception. Répression de cérémonies d’initiation
considérés comme barbares et criminelles, ces rites (qui vont à
l’encontre des rites impériaux, s’étendent en Italie et
à Rome, y compris au plus haut niveau. Sénat incite à la dénonciation,
arrête les prêtres, interdit les réunions, détruit les
sanctuaires, châtie les coupables, en tout, 7 000 conspirateurs. Chasse
aux sorcières pendant des années.
événement important car après, on cherche des hommes
forts… surtout dans les provinces. Les institutions républicaines
montrent leurs limites, ce qui est accentué par les inégalités
sociales.
L’enrichissement des conquêtes ne profite qu’aux plus riches (argent,
esclaves). Les paysans sont mobilisés dans l’armée, doivent
donc laisser leurs terres, et lorsqu’ils reviennent, ils sont encore plus
pauvres et doivent vendre leurs terres.
-135-131, 1re grande révolte servile.
Quelques tentatives de réformes, notamment les deux frères Gracques,
pour plus d’égalité. Les deux frères Gracques sont tribuns
de la plèbe les années -133 et -121, réformes agraires, proposent
des réformes de la répartition des terres, volonté également
de renforcer le pouvoir des tribuns. Mais c’est un échec car l’aristocratie
s’est soulevée.
-91-88 : guerre dite « sociale » entre les Romains et
les alliés italiens. Sociale car socii signifie alliés. Ces
alliés italiens sont des sous-citoyens et Rome ne veut pas leur donner la
citoyenneté et les droits afférents. Par contre, Rome n’hésite
jamais à lever les hommes pour la guerre. C’est une sorte de lutte
des classes.
Face aux besoins d’ordre et aux besoins militaires de la conquête, on
assiste à une montée des généraux qui veulent le pouvoir.
Or, les soldats ne peuvent pas entrer en armes au sein du pomerium. Mais
le général Sylla le fera, en -88, et il est nommé consul. Dirigera
Rome seul, dictateur de -82 à -79. Sylla a été approuvé
par le sénat et investi de la dictature, mais la dictature est dévoyée
car elle n’est plus limitée dans le temps (normalement que 6 mois,
cf. infra). Il va s’illustrer notamment par les proscriptions. Sylla
démissionne.
Après, différents consuls.
-73-71, révolte esclavagiste de Spartacus.
-70-66, Pompée a les pleins pouvoirs.
-63. Cicéron consul, conjuration de Catilina qui, après avoir essuyer
un échec électoral, mobilise 20 000 hommes avec pour ordre d’assassiner
Cicéron et d’incendier la Ville. Cicéron sent le danger, obtient
les pleins pouvoirs et réussit à déjouer le projet : cette
tentative de coup d’état
apparaît comme exemplaire de la complexité des intrigues politiques
à Rome.
[Une catilinaire est une sortie, une satire violente, une diatribe, un réquisitoire,
une harangue virulente contre un adversaire coupable de quelque mauvaise action.
Le mot vient de Catilina, patricien romain qui abusait de sa position et fomenta
une conjuration contre le Sénat en 63 av. J.-C., conjuration qui fut dénoncée
la même année par Cicéron dans quatre harangues connues sous
le nom des catilinaires. Elles précédèrent de peu l’exécution
de Catilina. La première phrase de la première catilinaire est célèbre :
Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? (Jusqu’à
quand enfin, Catilina, vas-tu abuser de notre patience ?). On l’utilise
habituellement pour mettre en garde les responsables qui détournent des fonds
publics ou de fonds affectés à des grandes causes nationales.]
-63, César revêt le Grand Pontificat.
- 60. Triumvirat à trois, Gracius, Pompée et César qui ont
évincé Cicéron.
Pompée prend le pouvoir en -49 obtient les pleins pouvoirs par un sénatus-consulte
ultimum. César (général qui avait gagné la Gaule
en -52, Alésia) franchit alors le Rubicon. C’est le signal de la guerre
civile et l’occasion pour chacun d’assouvir ses ambitions sous le prétexte
de la défense de la libertas.
En -49, César consul et dictateur.
-44, César dictateur à vie tout en gardant en place les autres magistrats.
Il s’appuie sur l’armée et sur la religion (grand pontife). César
tend vers le pouvoir personnel, on le suspecte (à tort ou à raison)
de vouloir rétablir la monarchie. Il est assassiné aux Ides de Mars
(mi-mars) de l’année -44, assassinat fomenté par une coalition
de sénateurs qui estimaient que César aspirait à la monarchie,
régime si détesté depuis les
étrusques. César est assassiné par Brutus, son fils
adoptif.
Marc Antoine devient consul. Mais anarchie.
-43, deuxième triumvirat : le pouvoir est disputé entre Lépide,
Marc Antoine (ancien général de César) et Octave (petit neveu
de César, héritier de César par adoption testamentaire de César).
Guerre civile entre les deux généraux, Octave (18 ans) gère
bien son héritage et insiste sur la liaison de Marc Antoine et Cléopâtre,
or les Romains craignent une ascendance égyptienne sur Rome.
En -31, l’égypte est
rattaché à l’Empire romain (bataille d’Actium, combat
pour la défense des valeurs de l’Occident) Marc Antoine et Cléopâtre
se suicident peu après, mise à mort des aînés de leurs
enfants et rapatriement à Rome des cadets. Octave est nommé consul,
puis une deuxième fois. En -27, Octave feint de renoncer au consulat, se
rend devant le sénat et les sénateurs le retiennent, il est nommé
en -27 Auguste (titre réservé aux Dieux), l’empire est né
sans abolir la République.
Les trois premiers siècles forment la période du Haut-Empire, appelé
principat. On parlera de dominat à partir du IIIe siècle
car l’empereur sera plus que le premier des citoyens.
à partir de l’avènement de Dioclétien (284),
c’est la période de l’Antiquité tardive.
Régime établi par Auguste à partir de -27.
Auguste a la même origine qu’auctoritas, cette auctoritas
est attribuée à sa capacité de rétablir la paix à
Rome, qui découle pour le peuple de la volonté des dieux. Début
de la sacralisation d’Octave-Auguste. Il obtient ensuite le titre de princeps
(premier d’entre tous), d’où le nom de principat. Son titre complet
est alors imperator Caesar Augustus (empereur César Auguste), pour
souligner sa filiation avec Jules César.
Il reçoit ensuite la puissance tribunicienne (il obtient tous les pouvoirs
des tribuns de la plèbe, notamment l’inviolabilité.
Partage apparent entre le sénat et l’empereur.
Partage des provinces conquises en -27 : provinces sénatoriales, provinces
impériales.
Pouvoir de type monarchique (titre d’empereur) et de type républicain
(sénat, magistrats…), mais dans les faits, forme monarchique.
La difficulté est la transmission du pouvoir. Auguste, sur son lit de mort
en +14 ap. J.-C., a réussi sa succession : son beau-fils, Tibère,
est proclamé empereur. La transmission du pouvoir ne sera pas toujours aussi
simple.
L’empereur a le pouvoir absolu. Développement d’une administration
et d’une bureaucratie impériales.
Les deux premiers siècles ap. J.-C. sont caractérisés par une
stabilisation des conquêtes, une paix romaine (pax romana) avec 500 000
soldats !.
+200, dominat, pouvoir impérial et pas uniquement le premier d |